Ça faisait si longtemps que je voulais ce livre. Emil Ferris est dans ma ligne de mire depuis de nombreuses années avec ce chef-d’œuvre : Moi, ce que j'aime, c'est les monstres . Tout comme le maître Shigeru Mizuki ( Kitaro le repoussant ), Emil Ferris a également dû réapprendre à s’exprimer à travers son art. Dans l’impossibilité de se servir de sa main droite après avoir contracté la forme la plus grave du virus du Nil occidental (enfoiré de moustique), elle met six ans pour achever son œuvre et essuie quarante-huit refus ! Devenue un monstre à son tour — mais un monstre sacré de la bande dessinée — Tout est dessiné au stylo bille (ne laissant aucune marge à l’erreur), comme un cahier d’écolière saturé d’images. On ne lit pas seulement le livre, on le scrute. Il est d’ailleurs difficile de parler de l’histoire (brutale) contenue dans cet ouvrage, tant les illustrations volent constamment la vedette. Un livre épais de plus de huit cents pages, divisé en deux tomes. Dans...