Rentrer dans ce livre, c'est comme pousser la porte d'une pièce et débarquer en plein milieu d'une discussion intime. On écoute alors la conversation, déjà bien entamée et l’on comprend que le contenu est très personnel, très profond. On reste là, spectateur passif, discret, pour observer et attendre de voir comment toute cette histoire va finir. Rentrer dans ce livre, « Lettre au père », c'est nous laisser prendre à partie par quelqu'un qui à beaucoup de poids dans le cœur et qui nous veut pour témoin. À défaut de pouvoir lui dire en face, Franz Kafka confie par écrit tout le fond de sa pensée. Un père tyrannique, colérique, humiliant, dominateur, abusif, aussi bien dans l'enceinte familiale, qu'au travail et même, au niveau de sa foi. Quatre-vingt-douze pages d'une écriture lourde, où l'on ressent la rancœur dans chaque phrase, comme un fardeau trainé pendant de trop nombreuses années. Avec très peu de sauts à la ligne, ce « petit » ...