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Moi, ce que j'aime, c'est les montres - Livre Premier - Emil Ferris.

Moi, ce que j'aime, c'est les montres

Ça faisait si longtemps que je voulais ce livre. Emil Ferris est dans ma ligne de mire depuis de nombreuses années avec ce chef-d’œuvre : Moi, ce que j'aime, c'est les monstres.

Tout comme le maître Shigeru Mizuki (Kitaro le repoussant), Emil Ferris a également dû réapprendre à s’exprimer à travers son art. Dans l’impossibilité de se servir de sa main droite après avoir contracté la forme la plus grave du virus du Nil occidental (enfoiré de moustique), elle met six ans pour achever son œuvre et essuie quarante-huit refus !

Devenue un monstre à son tour — mais un monstre sacré de la bande dessinée — Tout est dessiné au stylo bille (ne laissant aucune marge à l’erreur), comme un cahier d’écolière saturé d’images. 
On ne lit pas seulement le livre, on le scrute.
Il est d’ailleurs difficile de parler de l’histoire (brutale) contenue dans cet ouvrage, tant les illustrations volent constamment la vedette.

Un livre épais de plus de huit cents pages, divisé en deux tomes.
Dans ce premier volume, Karen Reyes, fillette marginale fascinée par les monstres classiques du cinéma, enquête sur la mort suspecte de sa voisine Anka Silverberg (visage en gros plan sur la couverture).

Moi, ce que j'aime, c'est les montres

Mais très vite, l’intrigue criminelle devient un prétexte. Le véritable cœur du récit réside dans la formation du regard de Karen, qui tente de comprendre la violence du monde.
Karen se dessine elle-même en louve-garou. Seulement, les « monstres » ne sont pas ceux que l’on croit. Les exclus, les homosexuels, les marginaux : tous sont perçus comme monstrueux par la société. Ferris renverse cette perception et montre que la véritable monstruosité réside dans l’intolérance, la guerre, la domination.


Le titre n’est donc pas ironique : aimer les monstres, c’est aimer les êtres brisés.

Lire le deuxième tome devient alors une nécessité presque logique : non pour obtenir des réponses simplifiées, mais pour poursuivre cette traversée, pour voir jusqu’où Ferris pousse son exploration de la mémoire, de l’art et de la monstruosité humaine.


Je me suis jeté sur le coffret comportant les deux livres, plus un bonus : Moi, ce que j'aime, c'est mon Blemmy, un petit surplus qui explique comment la peluche de Karen a perdu sa tête.
Mais une autre version des livres existe également chez Monsieur Toussaint Louverture.
Livre premier — Édition limitée Créature
Live deuxième — Édition limitée Créature
Un préquel et une troisième partie seraient en préparation. 🙏

Bonne lecture !

Éditions : Monsieur Toussaint Louverture
Année : 2017
Pages : 416
Langue : français
EAN : 9782381961835
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