Dans Les Aventures de Pinocchio, le petit pantin quitte le domicile en promettant d’aller à l’école, mais finit par faire de mauvaises rencontres et par prendre de mauvaises décisions. Son père, Geppetto, préoccupé de ne pas le voir revenir, décide de partir à sa recherche. Ayant entendu dire que Pinocchio a été aperçu en mer, Geppetto monte à bord d’une embarcation médiocre, bravant l’océan pour retrouver son fils.
Lorsque Pinocchio apprend ce que son père a fait, il se jette en mer à son tour pour partir à la recherche du vieil homme, mais échoue sur une île. L’histoire se poursuit ainsi, avec un Pinocchio qui continue de se faire berner et qui persiste à faire de mauvais choix.
C’est dans ce vide narratif qu’Edward Carey s’engouffre pour nous faire plonger, avec Geppetto, dans l'estomac du monstre.
Cette fois, sous la plume de monsieur Carey, nous découvrons un Geppetto qui sombre progressivement dans la folie. Un homme épuisé physiquement et mentalement, survivant de ce que le requin avale chaque jour, ce qu’il appelle « le courrier ». Le récit est parfois confus, car nous sommes témoins de sa perte de raison.
Une histoire littéralement sombre : Geppetto vit à la lueur d’une petite flamme qui se consume aussi vite que son esprit.
On retourne ensuite chez Collodi, qui permet à Pinocchio de retrouver son père dans le ventre du requin. Ensemble, ils unissent leurs forces pour quitter leur prison organique.
Complémentaires et singulières, ces deux œuvres sont, à plus de cent ans d’écart, le segment supérieur et inférieur d’un même corps.
Si vous deviez commencer cette aventure, je vous conseillerais, en premier lieu, l’histoire de Carlo Collodi, pour bifurquer ensuite vers celle d’Edward Carey.
Critiques des deux œuvres individuellement :
Les Aventures de Pinocchio, à lire ici.
L'Homme Avalé, à lire ici