Je découvre l’autrice avec son tout dernier livre, Tous mes mensonges, sorti au mois de février 2026, après avoir écrit La fille qui venait la nuit (2025) et Une invitée particulière (2024). Et le moins que je puisse dire, c’est que si j’étais quelqu’un d’un peu plus radicale, la découverte commencerait et s’arrêterait ici.
La promesse annoncée était légèrement au-dessus du résultat final.
L’idée de base était pourtant bonne : Barbara Van Wyke, écrivaine à succès, est découverte morte de façon mystérieuse dans son manoir alors qu’elle achevait la rédaction de son tout dernier manuscrit. Sloan, son assistante personnelle, découvre le corps de sa patronne et panique. Et que se passe-t-il lorsqu’on panique dans ce genre de situation ? On vole le manuscrit de la défunte, évidemment.
Après avoir publié le manuscrit comme étant le sien, Sloan va commencer à recevoir des menaces de la part de quelqu’un qui sait ce qu’elle a fait. S’ensuit alors un jeu du chat et de la souris qui pourrait bien coûter des vies.
Tous les ingrédients semblaient réunis pour construire un thriller efficace : secrets enfouis, manipulations, tensions croissantes… avec même la possibilité d’y injecter une pointe d’humour noir (placée au bon moment).
Malheureusement, le roman dilue rapidement son potentiel dans des longueurs inutiles, des répétitions incessantes et une écriture parfois étonnamment maladroite, donnant par moments l’impression d’un récit qui manque de maturité.
Une construction qui souffre en plus de nombreux défauts majeurs :
- Des redondances lexicales, avec par exemple le Xanax (que Sloan prend comme si c’était de l’ibuprofène) et le mot « vomir », répété quatre fois sur une page, et qui revient beaucoup trop souvent dans les pages suivantes.
- Des running gags de mauvais goût, avec les références répétées aux aisselles et à l’hygiène corporelle. Assez catastrophique dans un thriller censé maintenir une atmosphère sérieuse.
- Des priorités émotionnelles absurdes où la personnage, mise dans une situation où sa vie est en danger, pense surtout à la qualité de son haleine et à prendre une douche.
Certaines incohérences auraient facilement pu être évitées avec un minimum de rigueur éditoriale : Sloan célèbre d’abord son trente-et-unième anniversaire le 24 février — après plusieurs pages passées à exprimer son aversion pour ce mois — avant de fêter, plus loin dans le roman, son trente-troisième anniversaire… le 24 janvier. Une contradiction si flagrante qu’elle finit par sortir complètement du récit.
Pour résumer :
Bonne prémisse, mais une exécution maladroite, avec une écriture redondante et parfois vulgaire, des dialogues faibles saupoudrés d’incohérences, le tout pour un final peu convaincant.
Dans une optique de ne pas condamner l’autrice en raison d’un seul livre (même si j’ai un mauvais pressentiment pour la suite des événements), Une invitée particulière est déjà dans ma pile de livres à lire, et je pourrai ainsi confirmer mes impressions sur la plume de cette écrivaine.
Mais pas tout de suite ! D’abord pour éviter que cette lecture ne biaise mon regard sur une autre de ses œuvres, ensuite parce qu’un peu de distance me permettra sans doute d’y revenir avec plus d’objectivité. Et, très égoïstement, parce qu’après une expérience aussi décevante, j’estime avoir mérité une petite pause avant de replonger dans un autre de ses livres.
Si toutefois vous souhaitez vous faire votre propre avis, je ne peux que vous souhaiter,
Bonne lecture !
Éditions : City
Année : 2026
Pages : 410
Langue : Français
EAN : 9782824625898