Depuis toutes ces années que j’avais envie de lire ce livre, sans jamais avoir trouvé le bon moment, je peux le confirmer : c’est l’un de mes livres préférés et, sans conteste, celui qui revient en première place parmi ceux de Stephen King que je préfère, suivi de près par Misery.
Il y a bien des années, j’étais tombée sur son adaptation cinématographique — avec la merveilleuse Kathy Bates — et le moins que je puisse dire, c’est que ce film m’avait totalement scotchée. Depuis, ce livre était resté dans un coin de ma tête, comme une évidence à rattraper un jour. Aujourd’hui, c’est chose faite.
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| Dolores Claiborne, film réalisé par Taylor Hackford — 1995 |
Publié pour la première fois aux États-Unis en 1992 (1993 en France), Stephen King le dédie à sa mère, Ruth Pillsbury King. Dans un exercice remarquable, il nous sert tout au long d'un livre sans chapitres, plus qu’un monologue : un plaidoyer de 324 pages débité par Dolores Claiborne, accusée du meurtre de sa riche patronne, Vera Donovan.
[Résumé]
Tout le monde à Little Tall connaît Dolores Claiborne. Mais on ne sait toujours pas si l'accident qui a provoqué la mort de son mari il y a trente ans en était réellement un. Aujourd'hui, elle est de nouveau soupçonnée : on vient de découvrir le cadavre de la riche et sénile Vera Donovan, dont elle était la gouvernante depuis des décennies. Dolores n'a désormais plus le choix : elle doit passer aux aveux. Pourtant, ce qu'elle raconte est très différent de ce qu'on aurait pu imaginer. Beaucoup plus noir, beaucoup plus terrible...
Dolores Claiborne vous fait vous asseoir pour écouter son histoire. Elle sait de quoi on l’accuse et, si elle ne nie pas sa responsabilité sur certains points, vous allez devoir entendre les raisons de cela. Vous allez devoir connaître — au moins une partie de — son histoire.
L’histoire se déroule dans le Maine — comme il est de coutume dans les livres de Stephen King — sur l’île de Little Tall. Une carte en début de livre nous montre que cette petite île côtière était dans la zone de visibilité d’une éclipse totale du soleil, le 20 juillet 1963. Pourquoi nous montrer cette précision d’entrée ? Parce que c’est un élément central de l’intrigue, aussi symbolique que crucial dans le déroulé des événements.
Nous sommes donc aux alentours des années 60, avec toutes les complexités financières et familiales pour une femme de cette époque. C’est sur cette fragilité sociale et de genre que Stephen King, en 1992, a décidé de sculpter un livre d’une sensibilité à vif et intemporelle. Si le maître des cauchemars maîtrise bien le langage de la peur, il n’en est pas moins doué avec celui des souffrances bien réelles.
Il y a, bien évidemment, quelques différences notables entre le livre et le film. Ce dernier s’est beaucoup plus focalisé sur la relation mère-fille (comme le montre l’affiche du film), alors que dans le livre, leur relation est autant mise en avant, voire moins, que celle entre Dolores et Vera.
Ce qui résulte de la lecture d’un livre, c’est le film qui se construit dans l’esprit du lecteur et, selon moi, il n’y a pas de meilleure séquence que celle que nous avons nous-mêmes imaginée. Alors, si j’ai un conseil à donner : regardez d’abord le film. Premièrement parce que vous aurez plus d’indulgence vis-à-vis de celui-ci, et deuxièmement parce que le livre comblera toutes les lacunes que le film n’a pas su représenter.
Bonne lecture !
Éditions : France Loisirs
Année : 1993
Pages : 324
Langue : Français
EAN : 2724279832