Je ne me rappelle plus exactement comment j’ai découvert ce manga. Il me semble que ce fut une suggestion Babelio. Maintenant, j’en ai quatre dans ma bibliothèque : Froid glacial, Dans l’ombre, Soïchi et celui par lequel j’ai commencé, et dont je vais vous partager mon avis : Carnage.
Est-ce que ce serait vous spoiler que de vous dire qu’il va me falloir toute la collection ? Mais attendez… laissez-moi vous dire pourquoi.
Tout d’abord, j’adore ce format bien plus imposant qu’un manga standard. Il a la taille de Kitaro le repoussant, mais est aussi dense qu’un livre. Avec sa couverture rigide, ses pages de qualité… et je ne vous ai même pas encore parlé de ce qu’il contient.
On démarre avec une belle préface de Luz, suivie d’un dessin en double page où Junji Ito nous submerge dans des eaux ingouvernables qui emportent tout sur leur passage.
Hypnotisés, on se laisse aisément emporter par le courant, les yeux rivés sur les détails et l’impressionnante représentation du mouvement de l’eau. Pourquoi résister en tentant de rester à la surface ? Autant plonger dans ces eaux troubles et voir où ça nous mène :
Douze histoires courtes et dérangeantes qui rappellent les comics des années 50 : Tales from the Crypt (Les Contes de la crypte), à la différence que, dans les histoires de la Crypte, il y avait systématiquement une morale à la fin, tandis que chez le maître japonais, il y a bien une morale, mais elle ne se trouve pas forcément à la fin, car de fin, il n’y en a point !
C’est quand l’intrigue atteint son paroxysme que le mangaka décide qu’il est temps de changer d’histoire. Une frustration néanmoins maîtrisée, puisqu’il injecte ce qu’il faut d’intérêt pour que nous ayons envie de lire une autre histoire, puis une autre, et puis une autre…
Ayant opté pour un blog gratuit, mes options visuelles sont malheureusement assez limitées. Je vous laisserai plutôt jeter un coup d’œil à mon post Instagram, où vous pourrez apprécier les quelques photos que j’ai prises durant ma lecture.
Vous pensez bien qu’avec douze histoires, il y en a forcément une ou deux qui sont sorties du lot à mes yeux !
L’histoire la plus impressionnante, selon moi, est la toute dernière :
Stratophobie
Dans une voiture, une mère reporte sur sa plus jeune fille, Reimi, ses rêves frustrés de carrière artistique. Narumi, l’aînée, est au volant et écoute leur discussion avec amertume lorsqu’un accident survient et bouleverse leurs rapports déjà si tendus.
La mère, qui n’a jamais nié une préférence maladive pour Reimi, est inconsolable et tente désespérément de retrouver sa fille telle qu’elle était avant l’accident.
Une histoire incroyable sur plusieurs points. Je n’ai jamais rien vu de tel. C’est techniquement impeccable. Le pitch est original et dérangeant à souhait. Bref, une tuerie !
C’est, contrairement à la précédente, la toute première histoire de ce recueil. De ce fait, c’est également la première que j'ai lu de cet auteur.
Nami est amoureuse d’un garçon qui ne la mérite pas. Pour lui plaire, elle décide de perdre suffisamment de poids, pensant que cela le fera revenir.
Le résultat catastrophique ne tarde pas à produire ses effets : cauchemars, anorexie, organes abîmés… Mais quelqu’un va finir par la remarquer.
Il n’y a pas à dire, Monsieur Junji Ito sait comment créer des scènes perturbantes qui vous marquent durablement. Ce n’est pas pour rien que Yû Kanade a été choisie pour figurer sur la couverture de cet ouvrage. Car tout comme sa chanson, les histoires de Junji Ito vous restent dans la tête.
Un artiste réussit son œuvre quand il insuffle une âme à sa création.
Bonne lecture !
Éditions : Mangetsu
Année : 2024
Pages : 400
Langue : Français
EAN : 9782382815588
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