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Le Fantôme de Canterville et autres contes - Oscar Wilde

Le Fantôme de Canterville et autres contes

    Dans ce recueil de quatre nouvelles, nous trouvons en tout premier lieu l’histoire du « Fantôme de Canterville », où la famille Otis achète le domaine de Canterville Chase, hanté par le spectre de Sir Simon Canterville. Contrairement aux récits habituels de revenants, Oscar Wilde nous propose une version où c’est l’entité qui se fait malmener par les vivants.

Publiée en 1887, cette œuvre vieille de 138 ans nous fait suivre les mésaventures d’un homme, Sir Simon Canterville, qui de son vivant avait tué sa femme. Pas tout à fait rongé par la culpabilité, il déambule depuis trois cents ans dans les couloirs d’une demeure qui fut jadis la sienne. Mais les nouveaux occupants, pas le moins du monde sensibles aux tentatives de Simon pour les hanter — tentatives qui, par le passé, avaient pourtant porté leurs fruits — décident de riposter en mettant en place plusieurs fourberies qui couvriront le fantôme de ridicule.

Jusqu’au jour où une petite fille fera preuve de bonté et mettra fin aux querelles de part et d’autre.
Un dénouement qui ne m’a pas particulièrement convaincue et dont j’ai trouvé la fin un peu abrupte.


J’ai néanmoins été davantage intéressée par « Le Crime de Lord Arthur Savile », qui m’a d’ailleurs fortement fait penser à une intrigue qui aurait pu figurer dans un épisode des Contes de la Crypte.

Lors d’une soirée mondaine, un chiromancien du nom de Podgers divertit l’assemblée en lisant tour à tour les lignes de la main des invités qui se succèdent devant lui. Quand arrive le tour de Lord Arthur Savile, le chiromancien se raidit, devient pâle, dégouline de sueur. Ce qu’il a vu, il ne peut le révéler ni au principal intéressé ni devant les convives : c’est trop grave, et il ignore comment l’information sera reçue.

Mais Lord Arthur comprend que quelque chose ne va pas et que Podgers a eu une vision bien plus sinistre que les révélations légères qu’il prodiguait jusque-là. En privé, Podgers finira par lui confier qu’il l’a vu en assassin. Aucune précision supplémentaire n’est donnée. Obsédé par cette prédiction, Lord Arthur veut prendre les devants et forcer le destin en choisissant lui-même, avec fatalité, la victime idéale. Mais toutes ses tentatives pour en finir au plus vite avec ce funeste avenir semblent vaines.

Ce qui est très intéressant dans cette histoire, c’est que le récit ne se déroule pas de manière à dévoiler l’identité de l’assassin, puisque celui-ci est désigné d’emblée. La construction se fait à rebours : on ne se demande donc pas « qui est l’assassin ? », mais bien « qui sera la victime ? ».

Prodigieux !

La troisième nouvelle, plus brève, s’intitule « Un Millionnaire Modèle ». Elle montre que les apparences peuvent être trompeuses et que la générosité porte en elle une forme de récompense inattendue.

La quatrième et dernière nouvelle, « Le Sphinx sans secret », aborde quant à elle des thèmes comme la possessivité, le secret, la jalousie et l’obsession, présentés comme autant d’entraves à une histoire d’amour.

Un classique de la littérature toujours intéressant à découvrir, bien que je ne sois pas particulièrement attirée par les intrigues liées à l’aristocratie.
Il me faudra relire « Le Portrait de Dorian Gray », dont mes souvenirs ne sont plus très frais, pour en écrire quelques mots un de ces jours.

Bonne lecture ! 


Éditions : Lgf
Année : 1988
Pages : 192
Langue : Français
EAN : 9782253048084
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