Amélie nous raconte avec beaucoup d’autodérision comment, en travaillant pour une entreprise japonaise en tant qu’interprète, elle va dégringoler les échelons. Poussée par des humiliations successives, elle dévale marche après marche, jusqu’à s’étaler devant la porte des toilettes, où elle finira par exercer le rôle de « dame-pipi ».
Dans une démonstration tirée de sa propre expérience, elle nous montre comment ce pays qu’elle idéalisait tant s’est en réalité révélé autoritaire et oppressant, dévoilant des pratiques professionnelles toxiques, dégradantes et sexistes.
Je pense néanmoins avoir commencé par celui qu’il me fallait. Le regard aigu qu’elle pose sur son environnement et sur les personnes qui l’entourent. La précision d’un sniper avec laquelle elle cible leurs traits, leurs défauts et leurs perversités, font de cette lecture un véritable bonheur.
Ce livre est remarquable, drôle et cruel.
— Une caméra dans les toilettes de hommes ? Vous arrive-t-il de réfléchir avant de parler ?— Du moment que les messieurs ne le savent pas ! continuai-je ingénument.— Taisez-vous ! Vous êtes une imbécile !
— C'est à espérer. Imaginez que vous ayez donné ce poste à quelqu'un d'intelligent !