Dans un registre totalement différent de « Stupeur et tremblements », voilà que je découvre une Amélie Nothomb dramaturge !
J’espère ne pas me tromper en précisant que c’est d’ailleurs la seule pièce de théâtre qu’elle ait écrite, avec cette architecture particulière :
• Les dialogues ne sont pas introduits par des tirets cadratins ;
• Les didascalies apparaissent entre parenthèses ;
• Seulement trois personnages se donnent la réplique du début à la fin ;
• On tourne autour d'un thème précis, avec un fond philosophique.
Les trois seuls personnages sont :
- Le Professeur, qui enseigne à l’université
- Daniel : son assistant qui habite avec le professeur depuis deux mois, en raison de la guerre.
- Marina : étudiante à l'université et petite-amie de Daniel.
Alors voilà, nous sommes en plein hiver, en temps de guerre. Tandis qu’une ville est assiégée, bombardée, et que des barbares rôdent, ces trois personnages se retrouvent dans l’appartement du Professeur, qui ne possède plus rien — si ce n’est une bibliothèque en métal remplie de livres, un poêle et deux chaises.
Parfois, même si toutes les subtilités d’une œuvre nous échappent ; et que nous ne saisissons pas immédiatement — ou pas toujours — la profondeur d’une idée, avec toutes ses nuances. Mais, qu'à la fin nous la trouvons inexplicablement belle… alors oui, c’est de l’art.
Le Professeur. C'est impossible. Je ne peux pas lire ce livre-là en public, après le mal que j'en ai dit.
Daniel. Ah ! Et devant moi, ça ne vous gêne pas ?
Le Professeur. Non. Je pars du principe que tout assistant considère son maître comme un imbécile. Alors, devant vous, je ne vois pas ce que j'ai à perdre.
Bonne lecture !
Année : 1994
Pages : 89
Langue : Français
EAN : 9782253139461
Lien : en savoir plus