Accéder au contenu principal

Dictionnaire des Yökai, intégrale - Shigeru Mizuki

Dictionnaire des Yôkai

    Cette encyclopédie regroupant des récits sur pas moins de cinq cents yōkai a été écrite et illustrée par Shigeru Mura de son vrai nom, alias Shigeru Mizuki — dont on ne peut que saluer son bras droit, le seul qui lui resta après un bombardement durant la Seconde Guerre mondiale (alors qu’il était gaucher).

Le maître aux illustrations immédiatement reconnaissables — NonNonbâ, Kitaro le repoussant… dont je suis devenue fan — condense dans cet ouvrage des histoires recueillies par lui-même après consultation de nombreux livres, anciens comme contemporains, ainsi que des notes prises tout au long de ses voyages. Il y traite des yōkai d’après des versions rares, entendues auprès des habitants des différentes régions, non sans une touche d’humour.

Il en va de même pour la conception des illustrations, dont l’inspiration puise notamment dans les estampes de l’époque d’Edo, comme le « Gashadokuro » de Utagawa Kuniyoshi, qu’il reproduit dans ce recueil en le représentant courant après une jeune fille apeurée. 

Gashadokuro « squelette affamé » version Shigeru Mizuki

Mais dans cet ouvrage, Mizuki laisse également place à son interprétation personnelle quand à la définition de ce qu'un yökai :

 « […] esprits, fantômes, monstres, démons familiers, divinités locales ou mineures, vieux objets doués d’une âme, animaux fabuleux ou à métamorphoses, obsessions et idées fixes incarnées, etc. Bref, toutes les créatures fantastiques et mystérieuses des traditions populaires japonaises. ».

Gashadokuro « squelette affamé » par Utagawa Kuniyoshi

Des Akanamé, lécheurs nocturnes de la crasse des baignoires dans les salles de bains désertes, au Ryū, dragon d’origine chinoise considéré comme un dieu de la mer et de l’eau, en passant par l’un des yōkai les plus célèbres, le Rokurokubi (femme ordinaire le jour, mais qui, la nuit, allonge son cou pour rechercher sa victime et lui aspirer son énergie vitale par l’unique endroit du corps qui ne voit jamais la lumière - ! ), le folklore japonais se révèle d’une richesse fascinante.

Rokurokubi - par Shigeru Mizuki

Et lorsqu’il tombe entre les mains d’un artiste tel que Shigeru Mizuki, il prend toute son ampleur.

(P.465 — Yakubyôgami / dieux porte-poisse)

 […] Pour vous remercier, je vais vous révéler une astuce pour éloigner les dieux de mon genre. Le troisième jour de chaque lune, cuisinez une bouillie de sojas rouges. Ainsi, mes camarades ne pourront s’introduire dans votre maison. […] 

Sojas rouges ou trèfles à quatre feuilles, que l’on y croie ou non, cela n’a rien de déterminant pour savourer ce bel ouvrage, riche d’imagination et d’humour.

Bonne lecture !



Éditions : Pika Édition
Année : 2015
Pages : 512
Langue : Français
EAN : 9782811616335
Lien : en savoir plus